Jusqu'à ne plus rien ingurgiter.
L'aide arrive mais l'envie ne viens pas.
On tente de vous faire prendre conscience mais rien n'y fait.
Je ne suis pas malade , je vais bien.
A me voir ainsi grossir, j'ai voulu réduire les sucreries, chocolats et autres grignotages. Comme toutes les filles. Rien de moins normal. Et puis j'essayai de ne jamais finir mon assiette. Ne pas prendre de dessert . En demander moins et ne toujours pas finir. Sans que personne ne s'apercoive de rien. Jusqu'à ce que mes quantités deviennent infimes. Jusqu'à ce que petit à petit, au self, les amis s'alarment, prévenant ainsi professeurs et infirmière . La mère ne devrait pas être au courant. Elle serait furieuse. Alors tout resterait dans l'enceinte du lycée et je ferais des efforts, j'irais mieux. Ou ferait semblant tout au moins. Mais "tu as encore maigris ". Et les crises. Les crises la nuit. "Je me remplis et me vide de mon âme" . Puis la mutilation, puis l'addiction à mes medicaments pris en forte dose chaque soir pour être stone. Puis à d'autres moments de la journée, et parfois même en cours. L'insomnie, les crises d'angoisse, les pleurs . Et parfois ça va mieux. Je reprend même du poids. Mon bras en deviens net et les prises de médicaments moins rapprochés. Et ça dure et ça s'arrête. Retour à la case départ, chaque echelon gravis un peu plus vite chaque fois.
Jusqu'au jour où c'est fini, on ne croit plus à ma guérison, à ma volonté, à mon envie de vivre. Jusqu'au jour où les crises d'hypo , dangoisse ou de nerfs compliquent ma vie scolaire. Jusqu'au jour où plusieurs personnes voient mes jours en danger. Ou l'idée de suicide ou de carence effrayent. Les hauts et les bas se transforment en beaucoup de bas et trop peu de haut. Alors le medecin, les psy, les visites à l'hopital sans internements. Si internements il y avait eu je ne serais plus là pour vous parler. Et les amis ne vous lachent pas, mais le petit ami s'en va. 5 mois d'horreur, d'envie de mourir, de partir, de laisser une moindre chance à la mère d'être heureuse sans moi. 5 mois d'envie de ne plus souffrir.
Toujours la même envie. Ne plus souffrir. Mais petit à petit, un peu moins l'envie de mourir.
Début de l'envie de guérir : 43 kilos
Aujourd'hui : 48kilos